Fusion et confusion : au cœur de l’énergie nucléaire
centrale nucléaire dans un champ

Chez Barry, nous sommes guidés par la politique du prix juste. Dans la quête de l’électricité bon marché, deux concepts semblent s’opposer : économies et écologie. Au pays des centrales nucléaires, l’accélération de la transition énergétique est-elle la seule cheminée de sortie ? Plus de fusion, moins de confusion : Barry t’éclaire sur les avantages et les inconvénients du nucléaire.

Tout le monde adore les énergies vertes !

Panneaux solaires, centrales hydrauliques, biomasse, géothermie, éoliennes… les énergies renouvelables ont le vent en poupe. En France, les offres d’électricité 100 % verte fleurissent un peu partout. Certaines entreprises se targuent de ne s’approvisionner qu’en énergies renouvelables. Mais la réalité est-elle aussi propre qu’elle n’y paraît ? Le vent peut s’arrêter de souffler, le soleil peut s’éclipser. 

Le ciel est parfois nuageux. Qu’advient-il alors de cette promesse 100 % verte ? Dans les faits, la consommation effective d’énergie dépend de deux choses. 

  • D’une part, du lieu de la consommation. 
  • D’autre part, du moment de la consommation. Si l’énergie ne peut pas être stockée et que la demande ne peut pas être immédiatement satisfaite par une source verte… c’est une source « plus traditionnelle » qui prend alors le relais. 

Tu penses éclairer tes soirées à la force d’un parc d’éoliennes offshore mais c’est peut-être bien la centrale nucléaire de la région voisine qui te chauffe en hiver !

La vague verte n'est donc qu'un mirage ?

 Non, mais il faut connaître les subtilités de ce phénomène trop souvent simplifié et mal compris. En France, l’origine verte d’une source est reconnue par un certificat de garantie d’origine. 

Mis en place dans les années 2000, ce document garantit la production d’une « certaine quantité d’énergie » verte. Sans préciser pour autant l’endroit ni le moment précis de cette production. Et encore moins la part réelle d’énergie renouvelable concernée ! Concrètement, un certificat de garantie d’origine n’ayant aucune limite d’espace ou de durée, un client sur un territoire donné et à une période donnée ne pourra avoir aucune certitude quant à la nature de son approvisionnement en électricité. 

Alors, verte ou pas verte ton énergie ? Telle est la question.

« Un système opaque »

C’est là toute la complexité de la thématique des énergies renouvelables. Il n’en faut pas plus pour faire vaciller un système opaque, finalement peut-être plus noir que vert, bâti sur de fausses promesses. 

Et pour crier au greenwashing, cette tendance qui consiste à peindre son message en vert pour le rendre plus attrayant, quitte à tromper son destinataire. 

Le nucléaire en France, une vieille histoire

La France compte 19 centrales nucléaires et 58 réacteurs – d’une puissance comprise entre 900 et 1 450 MW. Les réacteurs les moins puissants – qui sont aussi les plus nombreux avec 34 réacteurs de 900 MW dans le pays – subviennent chacun aux besoins électriques de l’équivalent de 400 000 foyers. 

Bien que la proportion des énergies vertes augmente d’année en année, le nucléaire continue d’occuper le 1er rang de la production nationale. Avec une part établie à 70 %, la source nucléaire domine largement le paysage énergétique français. À titre de comparaison, sa part ne s’élève qu’à 10 % au niveau mondial avec 454 réacteurs répartis dans une trentaine de pays. Le désamour pour le nucléaire est engagé, y compris en France. L’amour fusionnel pour le cœur des réacteurs n’est plus ce qu’il était. 

L’objectif du gouvernement français est de poursuivre la transition énergétique en cours en ramenant la part du nucléaire à 50 % à l’horizon 2035.

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 Mais comment l’énergie nucléaire en est venue à occuper cette place prépondérante en France ? Un peu d’histoire. Les premiers réacteurs entrent en service dans les années 1950. Mais c’est dans les années 1970 que les centrales se mettent à pousser comme des champignons – ou presque. Dans une décennie marquée par deux chocs pétroliers et l’émergence des tensions avec le Moyen-Orient, la France mise sur son indépendance énergétique pour ne plus avoir à importer son électricité. Sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, « la politique du tout nucléaire » s’accélère. Le plan Messmer entérine la construction de 3 réacteurs par an. Rapporté à la population du pays, le parc nucléaire français est aujourd’hui le plus grand du monde !

Grâce à la rentabilité des centrales et à la présence d’une énergie réputée disponible et accessible, la France bénéficie d’une électricité relativement bon marché. Nos voisins outre-Rhin paient leurs factures 70 % plus cher !

Et le climat dans tout ça ?

L’opposition énergies vertes vs. énergie nucléaire semble apparaître clairement. Mais revenons-en au noyau du problème de notre époque : le climat. Quel rôle joue-t-il dans tout ça ? 

Dans un monde menacé par les dangers du réchauffement climatique, il n’est plus possible d’ignorer les injonctions de l’environnement. L’ONG Greenpeace a fait de la lutte contre le nucléaire le fer de lance de son mouvement. On le sait, les reproches faits à l’énergie nucléaire sont nombreux. En haut de la liste, on trouve deux problèmes majeurs :

  • Les risques de radiation – Tchernobyl, Fukushima, etc.
  • La gestion des déchets radioactifs

Si les risques liés aux radiations sont de mieux en mieux contenus – le secteur énergétique est de plus en plus contrôlé et de mieux en mieux sécurisé, la gestion des déchets radioactifs reste la principale ombre au tableau. Faut-il pour autant renier la première source d’énergie du pays ?

Les émissions de CO2 avant le nucléaire

Pour nous, chez Barry, ce qui prime, c’est le rejet de carbone dans l’atmosphère. Or, s’il existe une énergie rentable et accessible qui n’émet pas de gaz à effet de serre, c’est bien l’énergie nucléaire. Avec des infrastructures déjà amorties et en tant qu’énergie bas-carbone, le nucléaire a un impact réduit sur l’environnement – contrairement aux idées reçues persistantes. Au niveau européen, les émissions de CO2 représentent environ 7,4 tonnes par habitant et par an. La France se situe en-dessous de cette moyenne avec 5,5 tonnes par habitant et par an. En Allemagne, pays qui a fait le choix d’abandonner le nucléaire et de réactiver certaines vieilles centrales à charbon très polluantes, le chiffre est deux fois plus élevé !

Dans sa configuration actuelle, le système électrique français est bas-carbone à plus de 90%. Un seuil supérieur aux 80% préconisés par le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) et qui vaut à l’Hexagone une place plus qu’honorable dans le top 5 (derrière la Suisse et la Scandinavie) du Global Energy Architecture Performance Index, classement des systèmes énergétiques les plus écologiques au monde. La preuve que le nucléaire reste aujourd’hui une option viable pour lutter contre le réchauffement climatique !

L’ultimatum sur l’uranium et le plutonium n’est donc pas pour demain. Plutôt qu’un virage brutal vers le 100 % vert, la France a fait le choix d’un rééquilibrage progressif de ses sources d’approvisionnement en électricité. Le pays entend ainsi conserver son bon rapport qualité / prix en matière de politique énergétique.

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