Tarif dynamique ou Tarif Réglementé : quelles différences ?
Centrale nucléaire et panneaux photovoltaïques

Voilà des offres qui sont en train de fleurir en France. Les offres dites à « prix dynamique de l’électricité » proposent de payer son électricité au prix du marché : un prix qui varie chaque heure, chaque jour en fonction de l’offre (la production d’électricité sur le réseau) et de la demande (la consommation des Français). Elles permettent d’adapter sa consommation en fonction du prix du kWh sur le marché, et de faire de belles économies lorsque les prix sont bas.

Mais en France, nous sommes habitués, depuis la nuit des temps, à payer notre kWh au même prix chaque heure, chaque jour, toute l’année. Et ce prix est indexé sur le fameux « Tarif Réglementé de Vente » (ou « TRV »). 

Mais alors, quelles différences entre ces deux modèles tarifaires ? L’un est-il plus gagnant que l’autre ? Faisons le point.

Analysons les coûts d'une facture d'électricité

La facture finale du consommateur comprend de nombreux éléments qui sont les mêmes d’un fournisseur à l’autre : les taxes légales d’un côté, et les frais de transport et d’acheminement de l’électricité de l’autre, dont le prix dépend du gestionnaire de réseau (Enedis). 

Au final, le coût réel de l’électricité à proprement parler (ou le « prix de l’électron ») ne pèse que pour 38% de la facture finale. C’est la fameuse « part énergie » qui nous permet de comparer les fournisseurs entre eux.

C’est sur cette part énergie que les fournisseurs d’électricité sont en concurrence, et que les consommateurs ont la possibilité de comparer les prix des différents fournisseurs. Mais alors, en tarif régulé et en prix dynamique, comment faire son choix ?

Les différences principales entre tarif dynamique et réglementé

Un tarif réglementé influencé par les prix sur le marché

Commençons tout d’abord par casser une idée reçue : non le tarif réglementé n’est pas fixé par le gouvernement d’une manière arbitraire. Il provient de calculs effectués par la Commission de Régulation de l’Énergie (la « CRE »), autorité administrative indépendante qui régule le secteur de l’énergie en France. 

La CRE utilise une méthodologie de calcul du tarif dite par « empilement » : elle additionne les différents coûts auxquels les fournisseurs doivent faire face (approvisionnement, commercialisation, équilibrage). Cette construction par empilement doit autoriser un concept clé : la « contestabilité » des tarifs régulés de vente d’électricité. En clair, grâce à cette « contestabilité », chaque concurrent d’EDF doit pouvoir proposer des offres à prix égaux ou inférieurs au tarif réglementé.

Le prix « réel » de l’électricité sur les marchés de l’électricité est donc l’une des composantes principales du tarif réglementé : puisque le tarif réglementé reflète les coûts des fournisseurs, donc celui de la production d’électricité.

Prix régulé : des avantages et des inconvénients

Souscrire au tarif régulé permet à un consommateur de s’assurer qu’il paiera un prix fixe, connu à l’avance pour ses consommations futures. Dans le cas d’une option « base » ce prix est le même pour toutes les heures de l’année. Afin de pouvoir garantir ce prix, le Tarif Régulé comprend implicitement une forme d’assurance, que le consommateur paye au fournisseur afin que ce dernier puisse – par exemple- acheter des volumes supplémentaires sur les marchés en cas de vague de froid hivernale, et en assumer les frais, à sa charge. 

A l’opposé du tarif réglementé, se trouve l’offre barry, qui propose une tarification dynamique, indexée directement sur les prix de marché. Le client connaît les prix de marché 24 heures à l’avance, et peut choisir d’ajuster ses usages et l’empreinte carbone de sa consommation en fonction de ces prix.

Finalement, nous pourrions résumer la différence entre ces deux modèles tarifaires ainsi : c’est le choix de souscrire ou non à une assurance.  Assurer son véhicule ou son habitation sont des obligations. Mais en électricité, on peut donc désormais choisir si l’on veut payer une assurance pour avoir le même prix tout le temps, ou non. Et comme les assureurs traditionnels, les fournisseurs d’électricité incluent leur marge dans cette assurance.

Ce que l'on retient des analyses long terme des prix de l'électricité sur le marché

Personne n’aime payer d’assurance. Dans un monde idéal, on voudrait uniquement payer son assurance le jour où l’on subit un dégât des eaux, ou un vol. Malheureusement, ce monde n’existe pas. Il faut donc mesurer la probabilité de subir un sinistre, pour savoir s’il est judicieux de s’assurer ou non.

Dans le cas de l’électricité, la meilleur chose à faire a priori, c’est d’analyser les prix de marché bruts. Ces prix dynamiques sont orientés à la hausse en cette première moitié d’année 2021. 

Alors voici donc la vraie question : est-ce une tendance qui est susceptible de perdurer ? 

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Les raisons de la hausse récente des prix de l'électricité sur les marchés

Avec une boule de cristal, nous saurions prendre la bonne décision : si la hausse était amenée à perdurer, il serait sage de choisir une offre à prix régulé ; et si la tendance devait d’inverser, une offre à prix dynamique serait alors la grande gagnante. A priori.

Intéressons-nous tout d’abord à l’alignement des planètes assez inédit qui explique la hausse des marchés au début de l’année 2021 :

  • Les marchés du gaz sont orientés à la hausse. Pour chaque euros de hausse du prix du gaz, le coût d’une centrale de production électrique à gaz augmente de 2€. La forte demande Asiatique a détourné les cargos de Gaz Naturel Liquéfié de l’Europe vers la Chine. Ce phénomène couplé à un faible niveau de stockage a entraîné une hausse du prix du Gaz. Le coût de la production d’électricité des centrales au gaz est passée de 30€/MW en Juin 2019, à 75€/MW en Juin 2021. C’est plus du double.
  • Le prix de la tonne de CO2 (le fameux « droit à polluer »), s’est lui aussi envolé, augmentant le prix de la production d’électricité provenant des centrales thermiques. Toutefois, nous constatons que ces prix se stabilisent.
  • La disponibilité nucléaire en France est au plus bas, les retards sur les maintenances printanières s’accumulent, et s’y ajoutent des inquiétudes autour de traces de corrosion découvertes sur certains réacteurs. Certains difficultés sur le nucléaire apparaissent en France aussi. Le manque de nucléaire tire donc les prix de l’électricité vers le haut, puisqu’il faut ouvrir des centrales thermiques pour compenser.
  • Après un hiver froid, les stocks hydraulique sont bas, et les dernières prévisions sont plutôt avares en précipitations. La production des barrages hydroélectriques reste dont très modeste. 
  • Après une période de baisse, puis d’incertitude, la consommation repart fortement à la hausse avec la sortie du confinement et la levée progressive des mesures sanitaires. 
Voici un graphique montrant l’évolution des prix de marché de l’électricité dans les derniers mois : on constate qu’après une forte baisse en 2020, ils augmentent à nouveau. 

À première vue, on pourrait donc se dire que la tarification dynamique de l’électricité n’est pas forcément gagnante à court terme. Mais en réalité, ces augmentations sur le marché toucheront le consommateur, quel que soit le modèle tarifaire choisi. Produire de l’électricité coûte tout simplement plus cher qu’avant. Les fournisseurs d’électricité paieront donc plus cher pour acheter leur électricité sur les marchés. Il répercuteront inévitablement ces coûts sur la facture finale du consommateur.

La tarification dynamique : un modèle tarifaire d'avenir

Certes l’augmentation des tarifs régulés pourrait être plus lente que celle des prix de marché, mais in fine, seule la tarification dynamique permettra au client d’adapter sa consommation pour limiter cette hausse. Avec un prix qui varie, on peut choisir de consommer en grande partie aux moments où l’on fait des économies. Avec un kWh au même prix : impossible d’économiser sur sa facture – puisque le prix sera le même tout le temps. 

La tarification dynamique permet donc de remettre le consommateur au centre du débat, par sa capacité à ajuster ses usages à un signal de prix, dont on sait qu’il est directement corrélé aux émissions de CO2. Lorsqu’il y a du vent et du soleil, les éoliennes et panneaux solaires fonctionnent à plein régime. Une grande quantité d’énergie verte est injectée dans le réseau, ce qui fait chuter les prix du kWh sur le marché. Les vertus environnementales de la tarification dynamique sont donc indiscutables. En revanche, le Tarif Réglementé de Vente, s’il protège le consommateur, ne l’encourage absolument pas à adapter ses usages pour minimiser son empreinte carbone.

L’adoption massive d’une tarification dynamique de l’électricité par les consommateurs est une piste qui est d’autant plus réaliste aujourd’hui. Grâce aux prévisions de prix, au suivi des prix du kWh heure par heure et aux appareils smart home permettant d’optimiser automatiquement la consommation de son foyer, il n’a jamais été aussi simple d’adapter sa consommation pour faire des économies et réduire son empreinte carbone.

Quoi qu’il en soit, La commission de régulation de l’énergie à communiqué la semaine dernières sur les règles de mise en œuvre des offres à tarification dynamique, avec des règles très proches de celle que barry propose à ce jour. C’est un excellent signal qui prouve la pertinence de ces offres et leur place dans le paysage énergétique français. 

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